La « vérité », l’ADN et l’avocat pénaliste

L’objet de cet article est de combiner la sociologie des sciences à la sociologie du droit afin d’approfondir notre compréhension du rôle de l’expertise judiciaire dans la construction des jugements pénaux. Plus précisément, il s’agit d’étudier la façon dont les expertises biologiques consistant à identifier l’origine de traces ADN sont mobilisées dans le cadre de procédures pénales et pèsent sur la décision finale des juges, lorsqu’aucun autre élément de preuve n’a été découvert. À partir de données ethnographiques ou documentaires et d’entretiens semi-directifs réalisés avec des avocats, il est démontré que les effets de pouvoir accordés aux expertises ne peuvent se comprendre séparément des mécanismes institutionnels qui contraignent les avocats à protéger leur crédibilité vis-à-vis des magistrats.

Ce contenu a été mis à jour le 5 mai 2021 à 14 h 36 min.