REPORTÉ – Économies de la promesse 2020

Le CIRST est fier d’organiser un colloque international sur le rôle des prévisions, projections et anticipations dans la recherche scientifique et dans l’innovation technologique. Prévu en août 2020, il est reporté à une date indéterminée à cause de la COVID-19.

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MISE EN CONTEXTE

Les récents développements scientifiques en apprentissage profond et la recrudescence de l’intérêt pour l’intelligence artificielle (IA) et ses applications dans une foule de domaines (médecine, industrie, automobile, etc.) ont généré le lot de discours laudateurs attendus à chaque avancée technologique. Un emballement similaire avait pu être constaté lors des avancées en nanotechnologies ou en génomique. Or les énoncés dont sont composés ces discours ont le pouvoir de présenter comme inéluctables des réalisations qui pourraient ne pas se concrétiser. Cela est d’autant plus vrai lorsque la technologie est érigée en facteur de libération, comme un moyen de révolutionner la vie humaine et sociale.

La prévision, la projection et l’anticipation font partie de la recherche scientifique et de l’innovation. Dans leur important article sur la sociologie des attentes publié en 2006, Borup, Brown et leurs collaborateurs l’ont d’ailleurs reconnu : « très peu de choses en matière d’innovation peuvent fonctionner indépendamment d’un ensemble très dynamique et varié de conceptions de l’avenir ». Ce travail de l’imagination encadre la recherche et l’innovation, stimule l’investissement et organise les champs scientifiques et technologiques à un moment précis de leur développement. Or toutes ces attentes et promesses sont soumises à une grande part d’incertitude quant à la possibilité que la recherche parvienne au point où la technologie pourra satisfaire les attentes placées en elle. Cela a mené plusieurs sociologues et chercheur·euse·s à parler, en référence au champ technologique, d’une « économie de la promesse » (Joly, 2010), de « technologies de l’espoir » (Leibing et Tournay, 2010), de « technoprophétie » (Chateauraynaud, 2005) ou d’une « technoscience prospective » (Brown, Rappert et Webster, 2000).

Ces expressions décrivent un phénomène de conjonction entre les discours prophétiques sur la science et la technologie et leur développement réel, dont les conséquences sont nombreuses. Du directeur, de la directrice de recherche qui cherche à convaincre une étudiante, un étudiant de travailler sous sa supervision aux gouvernements qui financent un laboratoire plutôt qu’un autre sur la base de sa capacité à innover, c’est l’ensemble du milieu de la recherche qui est mû par la promesse et les attentes. Cette dynamique a ses propres effets performatifs, qui façonnent les relations entre la science, la technologie et la société.

CONFÉRENCES D’HONNEUR

Deux conférences d’honneur seront données par Dr. Kornelia Konrad et Dr. Pierre-Benoît Joly. Konrad est professeure en anticipation et évaluation des technologies émergentes à l’Université de Twente (Pays-Bas). Elle étudie le rôle de l’anticipation et de l’engouement en innovation, la sociologie des attentes, la recherche et l’innovation responsables et les dynamiques sectorielles de l’innovation.

Joly est directeur de recherche à l’INRA, directeur de l’Institut Francilien Recherche, Innovation, Société (IFRIS) et du Laboratoire d’Excellence (Labex) SITES. Spécialiste d’économie et de sociologie de l’innovation, il travaille depuis 1996 sur la maîtrise sociale des dynamiques de construction des savoirs et de production des innovations.

THÈMES ET SUJETS

Nous invitons les chercheuses, les chercheurs à soumettre des propositions de communication sur les conséquences sociales des multiples représentations des futurs technologiques et sur les discours de la promesse qui organisent le milieu de la recherche. Les sphères d’action de l’économie de la promesse sont multiples et touchent à l’ensemble des domaines qui intéressent les STS :

  • politiques et investissements publics
  • financement de la recherche
  • orientations de la recherche universitaire
  • économie
  • sociologie du champ scientifique
  • controverses socioscientifiques
  • rapports entre science et public
  • médiatisation de la science et de la recherche
  • philosophie de l’histoire
  • histoire des sciences
  • formes de médiation des savoirs
  • nouveaux rôles de chercheurs-entrepreneurs
  • reconfiguration des liens recherche-industrie
  • acteurs et dynamiques de l’innovation
  • sociomatérialité

Les communications orales, en français ou en anglais, d’une durée maximale de 20 minutes, peuvent s’inscrire, sans s’y limiter, dans les thématiques suivantes :

  • les prédictions économiques
  • les annonces d’une 4e révolution industrielle
  • la science, l’innovation et les politiques publiques
  • la promesse et le financement de la recherche
  • la dynamique de l’enseignement universitaire
  • les études sociologiques et anthropologiques des futurs technologiques
  • la promesse et les changements climatiques (prévisions pour changer les politiques, géoingénierie, promesses des gouvernants – COP –, comités d’experts, etc.)
  • rhétorique de la promesse et de la peur dans la gouvernance et la réglementation technologiques
  • etc.

ÉQUIPE

Comité organisateur : Daniel Letendre (CIRST), Guillaume Dandurand (Université de Sherbrooke), Florence Lussier-Lejeune (UQAM), Marie-Jean Meurs (UQAM), Martine Foisy (CIRST)

Comité scientifique : François Claveau (U. de Sherbrooke), Yves Gingras (UQAM), Vincent Larivière (U. de Montréal), Mathieu Marion (UQAM), Florence Millerand (UQAM), Éric Montpetit (U. de Montréal), Marie-Jean Meurs (UQAM), Guillaume Dandurand (Université de Sherbrooke)

APPEL À COMMUNICATIONS

CALL FOR PAPERS

Ce contenu a été mis à jour le 15 juillet 2020 à 10 h 27 min.