L’impact des minorités bruyantes de chercheurs sur l’état du savoir scientifique. L’exemple de la « racial invariance thesis » dans la criminologie états-unienne

Julien Larregue, «L’impact des minorités bruyantes de chercheurs sur l’état du savoir scientifique. L’exemple de la racial invariance thesis dans la criminologie états-unienne»Déviance et société, vol. 42, no. 1 (2018) pp. 41-72
Cet article est une analyse de l’influence des recherches produites par une minorité bruyante de chercheurs dans un corpus de 48 articles étudiant l’effet différentiel des facteurs structurels sur les taux de criminalité des différents groupes raciaux aux États-Unis. La méthode de science sociale computationnelle utilisée fait apparaître l’influence limitée des grands choix méthodologiques sur les conclusions des chercheurs. En revanche, je montre qu’une seule équipe de recherche particulièrement productive fait pencher l’état du savoir disponible en concluant systématiquement à une réfutation de la racial invariance thesis, alors même que ses résultats quantitatifs bruts varient d’une étude à l’autre. En l’absence de standards scientifiques contraignants, cette minorité bruyante est libre d’adopter des interprétations qui vont dans le sens de ses intérêts théoriques préexistants.
Mis à jour le 3 mai 2018 à 11 h 52 min.