Résumé détaillé
Le passage vers le marché du travail des diplômés formés à la recherche au sein des programmes de maîtrise et de doctorat des universités constitue une forme majeure de transfert de connaissances entre les universités et leur communauté environnante. Les organisations au sein desquelles les jeunes chercheurs s’intègrent – qu’il s’agisse de l’industrie, de la fonction publique, de l’enseignement ou du milieu communautaire – bénéficient en effet d’un important apport et peuvent ainsi, en intégrant de nouveaux diplômés, mettre à jour leur banque de savoirs dans des domaines de pointe en constante évolution.
Or, la formation à la recherche subit des transformations majeures dont les impacts sont encore méconnus : depuis quelques années, on constate que le partenariat est une forme d’organisation de la recherche de plus en plus présente dans les universités canadiennes. La présence croissante d’intervenants non-universitaires, qu’ils soient issus du milieu industriel, communautaire ou gouvernemental, à diverses étapes du processus d’élaboration de la recherche, allant du financement à la diffusion en passant par le design et la réalisation des protocoles, entraîne la transformation des pratiques et des perspectives des chercheurs universitaires. De ce fait, la formation des jeunes chercheurs aux cycles supérieurs est elle aussi en train de prendre un virage : plusieurs étudiants sont intégrés à des équipes oeuvrant dans le cadre d’un partenariat à titre d’assistants de recherche et il n’est pas rare que leur mémoire ou leur thèse porte sur un objet directement visé par l’entente entre les chercheurs universitaires et les organisations externes avec lesquelles ces derniers transigent. De l’avis de plusieurs, la participation des jeunes chercheurs à de pareilles recherches leur permettrait de développer des compétences favorables au développement de l’économie du savoir comme le travail d’équipe et le sens de l’innovation tout en accroissant leur réseau de contacts, ce qui leur permettrait d’améliorer leurs chances d’obtenir un emploi dans leur domaine de spécialisation à la fin de leurs études. Ces affirmations ne sont toutefois pas corroborées, pour le moment, par quelque preuve empirique que ce soit des bénéfices des partenariats sur la formation à la recherche.
Notre projet vise à combler le manque de connaissances empiriques sur les étudiants inscrits dans des programmes de formation à la recherche à la maîtrise et au doctorat, afin de saisir les spécificités du parcours des étudiants qui sont impliqués dans des partenariats et de les comparer à ceux des étudiants intégrés au sein d’équipes de recherche régulières (subventionnées) ou travaillant de manière indépendante, et ce autant dans le secteur des sciences de la nature et du génie que des sciences humaines et sociales. De plus, nous souhaitons examiner de quelle manière se déroule l’insertion professionnelle de ces étudiants en comparant l’expérience des diplômés selon le type de formation reçue (partenariat ou non) et le domaine d’étude.
Pour ce faire, nous réaliserons des entretiens exploratoires semi-directifs et une enquête par questionnaire à questions ouvertes novatrice basée sur l’utilisation d’Internet comme outil de cueillette de données qualitatives tout au long du parcours des étudiants à l’université et au cours de leur insertion professionnelle. Les données seront analysées en continu de manière à favoriser l’amélioration, au besoin, des outils de cueillette des données et la diffusion rapide des résultats dans la communauté universitaire et auprès de ses partenaires. Le but visé par la recherche est la compréhension approfondie des modalités de la formation à la recherche et non la représentativité statistique.
Les résultats de cette recherche permettront de combler non seulement un important vide dans la sociologie de l’enseignement supérieur, qui révèle peu de choses sur l’expérience des étudiants inscrits dans un parcours de formation à la recherche, mais aussi de mieux comprendre comment les conditions de la formation, en particulier l’intégration des apprentis-chercheurs dans des équipes œuvrant en partenariat, influencent les apprentissages réalisés par les étudiants et la manière dont ils les mettent en œuvre une fois intégrés au marché du travail.
N'hésitez pas à nous contacter pour de plus amples informations au sujet de ce projet de recherche.